Il était une fois les remparts

Il était une fois un homme qui s’appelle toujours Bernard. Cet homme naquit au Nomdieu et grandit donc très près de ce paysage bosselé que les Celtes appelèrent Pen car ils le comparaient à une pointe. Plus tard, les Romains traduisirent le mot en penna, plume et voilà pourquoi Bernard est un Pennavien. Il devint boulanger et fit du bon pain, de bons gâteaux. Un beau matin, on le sollicita pour s’occuper des destinées de Laplume. Bernard accepta, malgré les charges du métier, et, d’années en années, il essaya de faire au mieux pour ce village qu’il connaît maintenant par cœur. Gérer, budgétiser, compter, commémorer, discourir, représenter, convaincre…tant d’actions qu’il fallait mener à bien et dont les résultats n’aboutissaient pas toujours à la réussite. Mais Bernard avait un projet secret ! Il voulait redonner vie à des vielles pierres qui gisaient là depuis des décennies. Il connaît l’histoire locale. Il sait que tout s’est effondré après l’incendie de la maison de « Toutou », il y a plus de trente ans. Il sait que Laplume était fortifiée. Enfant, il a peut-être joué au « chevalier sans peur et sans reproche » sur les vestiges des remparts quand, avec ses parents, il venait voir ses cousins à Laplume.
Alors, premier magistrat, il partit en croisades avec son conseil, pour tenter de refaire les murs avec ces magnifiques pierres qui ont connu tant de petites histoires. Mais le sort a voulu que le projet de Bernard naisse entre ses mains et s’achève entre les mains d’un autre. Peu importe ! Quand les travaux seront achevés, Bernard ira comme d’autres pennaviens se promener le long des remparts, au milieu des pierres, des fleurs et des arbres dont il aura souhaité et conçu la présence. Il s’assiéra sur un des bancs, là ; des enfants joueront peut-être à la « guerre des étoiles ». Au loin, le paysage de la campagne pennavienne aura les couleurs de la saison. Parfois, les Pyrénées s’ajouteront à la beauté du point de vue. Bernard pensera qu’il n’a pas été assez fort pour changer l’histoire du monde mais il pourra être heureux d’avoir apporté sa pierre à l’avenir de Laplume.

Lyliane Ménesplier 7 mai 2008

Jean Mousquey
Pour le plaisir des yeux